lundi 5 octobre 2026

MES ACCIDENTS

 Mes accidents et leurs histoires


MANU RUIZ


Renversé par une voiture en traversant la route

Mon premier accident était à l'âge de 9 ans. 
J'étais en classe de cm1.
C'était un jour sans école, comme un mercredi à l'époque. Je me souviens que j'étais avec 2 copains et on a traversé la route subitement. 
Je suivais le groupe sans me soucier de la circulation routière. 
Je pense que ce jour là, la personne qui conduisait la voiture m'ayant percuté à eu beaucoup plus de peur que moi. 
Ma tête à taper contre son pare-choc entraînant une perte de connaissance. 
Traumatisme crânien avec une petite fracture du crâne au dessus de l'oreille droite. 

Chute en VTT, fracture du scaphoïde au poignet droit

Printemps 1985, chute en VTT mal contrôlée.
Fracture du scaphoïde au poignet droit avec un plâtre à l'époque!

Percuté par une voiture en VTT 

10 années plus tard, j'ai vécu une expérience similaire à mon premier accident. 
J'avais 19 ans, je descendais à vélo une piste cyclable pour aller jouer au tennis avec un ami. C'était une belle descente et je lâchais les freins pour m'enivrer de la vitesse.
Quand tout à coup une voiture sortant du parking me percuta de plein fouet. 
J'ai fait un grand"soleil" au dessus de celle-ci pour atterrir sur le béton. 
Perte de connaissance jusqu'à l'arrivée des pompiers. 
Deuxième traumatisme crânien...

Chute dans la falaise de la Maladière

Juin 1995

Après une descente vertigineuse de plusieurs rappels (250m) à la falaise de la Maladière, un ami et moi traversons sur une vire herbeuse pour trouver un chemin amenant au pied de la voie d'escalade. 
Après quelques mètres cette vire ce dérobe sous mes pieds et je pars en glissade avec mon sac à dos et la corde autour de mon buste. 
Il fallait impérativement que j'arrête cette chute car une seconde falaise se trouvait à quelques mètres en dessous...
Je me suis accroché aux racines des arbustes jusqu'à l'arrêt.
Après cette frayeur, je me suis aperçu que mes 2 pouces étaient luxés et restés sorties du logement articulaire. 
Je me suis empressé de les remettre car j'étais encore sous le coup des endorphines liées au stress de cette situation.
Le second problème est qu'il a fallu escalader les 250 m de la falaise pour revenir prendre le sentier menant à la voiture. 
L'escalade a été difficile car je ne pouvais pas compter sur mes pouces.
J'ai fait ensuite une radio de contrôle à l'hôpital. Heureusement, pas de séquelles. 

Chute de 800m de hauteur par une avalanche au couloir du Diable (massif du Mont-Blanc).

16 avril 1996, il y a du beau temps avec un ciel bleu sans nuages.
Les conditions en haute montagne sont bonnes avec une risque d'avalanche minime de 1/5!
Nous sommes 4 copains partant pour faire l'ascension d'une goulotte de glace dans la face nord Est du Mont-Blanc du Tacul.
Nous descendons rapidement l'arête de l'aiguille du Midi pour nous rendre à ski au pied de cette face. 
Nous commençons à monter depuis quelques minutes, quand des cris d'appel au secours nous interpellent. 
Alex propose que j'aille voir ce qu'il se passe car étant pisteur secouriste, je suis la personne la plus apte pour un secours en montagne. De plus, la vue d'une personne blessée lui est difficile ainsi que les autres. 

C'est des belges qui demandent de l'aide dans leur dialecte. 
2 personnes sont figés à la surface de la neige durcie par la gel nocturne.
Un homme inconscient avec des fractures ouvertes aux  jambes formant un Z, et une femme encore encordée avec lui qui est visiblement décédée.
Une chute liée au décrochement de la glace du serac au sommet du couloir Gervasuti.
J'appelle les secours avec ma radio (pas de téléphone portable en 1996).
J'aide les secouristes du PGHM à évacuer les victimes. 

Le Projet de réaliser une goulotte de glace dans la face nord Est est irréalisable à cause du temps passé pour le secours. 
Je ne suis plus en phase mentalement pour faire de l'alpinisme technique, mes camarades non plus. 
Alex propose de gravir le Montblanc du Tacul par le couloir du Diable qui semble en bonne condition.

Arrivé au pied du couloir du Diable, Alex ne souhaite plus le gravir et propose de nous attendre au refuge du Requin plus bas; à la grande surprise de tous. 
Philippe et Fred sont t toujours motivés pour le faire.
Une cordée de deux personnes est engagée dans le couloir 200m au dessus. Aujourd'hui, je n'y serais pas aller pour cette raison....
Je m'encorde avec Fred car c'estt son premier couloir en haute montagne. Philippe est en solo à côté de nous. Dans de la neige, nous savons que nous sommes tenus par les ancrages des crampons et des piolets. La résistance de ceux ci face à une chute dynamique peut devenir illusoire selon la consistance de la neige et de la profondeur de l'ancrage du piolet.
Nous passons une énorme rimaye (crevasse due à la dépression du glacier avec sa forte pente) en la contournant par le rocher. 
Puis nous progressons vite. 
Après 800m de montée nous apercevons la cordée du dessus sur le point de sortir vers le sommet.
Soudainement, un nuage de neige arrive sur nous. Cela ressemble à une purge de pente qui se déleste de la neige fraîche en surface. 
Nous plantons tous nos piolet jusqu'à la garde. Philippe état sur le bord du couloir. 
Nous sommes aveuglés par la neige, c'est alors que le gros arriva ! Une masse très dense de neige nous décroche de la pente. Désespérément j'essaye de trouver de la matière pour m'accrocher. Nous sommes dans une machine à laver avec la perte de tout contrôle. Je pense que mes dernières secondes de vie sont amorcées.
La perte de connaissance est le plus grand lâché prise que le corps et la conscience peut faire...

J'estime à 2h environ ma reprise de connaissance et 30 minutes au bas mots quand à la perception du monde réel... 
En effet, j'ai compris que je ne révais pas quand j'ai commencé à sentir mon corps avec les premières raideurs et douleurs dorsales. 
C'est en regardant mon ami Fred, inconscient et allonger à côté de moi que les souvenirs sont petit à petit revenus.
C'est alors que j'entends une voix crié Manu! 
Philippe est descendu à toute vitesse le couloir du Diable et crie pour savoir si l'on est vivant! 
Après un bref bilan de nous deux, il descend en ski au refuge du Requin pour prévenir les secours. 
La notion de temps n'est plus la même. Je suis encore sous l'effet de l'adrénaline où l'esprit est encore un peu dans un état de sommeil ou Alpha pour les connaisseurs..
Une heure plus tard l'hélicoptère arrive.
Bien entendu, les secouristes évacuent Fred en premier car il est toujours inconscient. 
L'hélicoptère revient pour m'emmener à l'hôpital de Chamonix. La discussion avec le médecin militaire est plutôt succinte.

À l'hôpital de Chamonix, un bilan est fait sur mon état et il est vu sur les radios une fracture à la cheville gauche au niveau du col de l'astragale.


Gelures des orteils après l'ascension de la face nord des Droites.

14 octobre 2010, les conditions de neige et glace dans la face nord des Droites sont excellentes. C'est une belle opportunité pour grimper cette superbe face. 


Chute de pierre au couloir du Chien dans les Aravis

Ski de randonnée dans la chaîne des Aravis. 
Le couloir du Chien est une pente raide de 300m de long et est sans issue, car il s'arrête 100m sous le sommet. Il est fermé par des barres rocheuses.
Quand j'arrive au bout de ce couloir à l'ombre, je décide d'enfiler une polaire pour être au chaud.
Je retire mon casque, j'enfile mon dessous thermique, je reprends mon casque.... Et paf! 
Une pierre me tombe sur la tête, envoyé par un chamois dans la falaise !
Je saigne beaucoup, je fais un pansement compressif avec l'aide de mon camarade. 
Le but étant que cela tienne le temps d'aller consulter un médecin de station de ski. 

Résultat :

15 points de sutures sur la partie supérieure du front et de la chevelure.



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